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C'est le lieu de
résidence des maîtres artisans, détenteurs de multiples secrets liés tant à la
fabrication, qu'à la connaissance de ce village jalousement gardé.
Situé dans une vallon de la montagne thébaine, Deir-el Médineh abrite des
ruines, ce sont les vestiges de ce village et de la nécropole de la communauté
des maîtres artisans qui ont travaillé durant le Nouvel Empire.
Le village a été
fondé sous Thoutmosis 1er. Cerné par un mur en briques crues
d'une hauteur de cinq mètre environ, ouvert par une porte gardée nuit et
jour, le site dénombrait
70 maisons mitoyennes donnant sur une rue principale. Chaque maison comprend
trois ou quatre pièces dont un hall, une salle dont le plafond est
surélevé et percé de petites fenêtres, une ou deux pièces donnant sur
une cour elle-même équipée d'un four et servant certainement de
cuisine.Les denrées alimentaires étaient conservées dans une cave.
Une soixantaine de maisons se
trouvaient à l'extérieur du village. Le
village était relié à la vallée des Reines et des Rois par deux sentiers. Les
logements étaient tous plus ou moins du même type. Les villageois formaient une
véritable corporation professionnelle et possédaient maisons
et serviteurs. Ils disposaient de leur propre tribunal aménageaient leurs
propres tombes,
étaient leurs propres prêtres et prêtresses et dépendaient directement du
pharaon qui assurait leur existence et leur bien être afin qu'ils puissent se
consacrer exclusivement à leur art.
Les artisans
étaient composés de dessinateurs, de carriers, de sculpteurs, de peintres,
d'architectes et de menuisiers. Leurs conditions de travail sont connues grâce
au "journal" que tenait jour après jour, le Scribe de la tombe.
Les artisans
s'activaient également à la construction de leurs propres tombes. Elles se
composaient d'une chapelle surmontée d'une pyramide coiffée d'un pyramidion et
d'un caveau familial creusé sous la tombe.
Des équipes
étaient créées : "Chefs d'équipe de droite" et "Chefs d'équipe de gauche"
Tout se monde se trouvait sous le contrôle du Scribe de la tombe. Les artisans du
village recevaient
un salaire en nature qui se composait de blé, de légumes, de fruits, de bois, de
poisson, de viande, de bière, etc...
Lorsque des problèmes se présentaient ils se mettaient en grève. Un papyrus de
la Grève est conservé au musée de Turin. C'est un des premiers document qui
atteste du conflit sous le règne
de Ramsès III.
Grâce au Scribe de la tombe, on apprend que certains ouvriers n'allaient pas
travailler en prétextant toutes sortes d'excuses. Selon lui, les mèches qui
éclairaient les tombes se consumaient en 4 heures
et il leur en fallait deux par jour.
A la fin de la XIXè dynastie, l'Egypte connaît des troubles politiques
(succession de Ramsès II). Deir-el Médineh est alors victime de conflits, de
vols et de scandales.
© 2005.Néfertari. Tous droits réservés.
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